Étude de cas · Ingénierie et études techniques · Suisse

Mission réelle, client anonymisé. Chiffres mesurés avec le client et arrondis ; pas d’audit par un tiers.

Un bureau d’ingénieurs de 180 personnes chiffre ce que l’IA lui rapporte : CHF 180’000 à 220’000 par an

Après 18 mois d’outils IA jamais mesurés, cinq processus suivis, sept outils tranchés (2 arrêtés, 3 adaptés, 2 étendus) et une économie validée par la direction financière.

Périmètre et limites

Chiffres arrondis. Mission réelle : le nom du client et les détails qui permettraient de le reconnaître ont été retirés.

Fiche de la mission03 / 04
Entreprise
Groupe suisse d’ingénierie et d’études techniques, environ 180 personnes, 4 bureaux
Outils IA en place
Copilotes bureautiques et assistant documentaire interne, utilisés depuis 18 mois
Montant engagé
Environ CHF 300’000 en 18 mois (licences et projets), sans mesure du résultat
Point de départ
Aucune mesure avant les outils, aucun indicateur, statistiques d’usage dispersées chez les éditeurs
Durée5 mois
Période2025–2026
Équipe2 consultants Numezis + 1 analyste chez le client

Dix-huit mois après l’arrivée des copilotes bureautiques puis d’un assistant documentaire interne, le groupe avait engagé environ CHF 300’000 en licences et en projets, sans un seul indicateur de résultat. Les retours restaient anecdotiques : certains collaborateurs disaient gagner des heures, d’autres avaient discrètement abandonné l’outil. Quand le conseil d’administration a demandé ce que l’IA rapportait, la direction générale n’avait rien à montrer.

En interne, deux camps s’opposaient. La direction financière, sans preuve de retour, voulait couper les budgets ; les équipes, convaincues par leur pratique, demandaient au contraire d’étendre les outils. Personne ne pouvait prouver son point de vue : rien n’avait été mesuré avant. Les statistiques d’usage restaient chez les éditeurs, et le temps facturable, la seule mesure que tout le monde comprenait, était trop sensible pour être manié sans précaution.

La question posée

Pour chaque outil : étendre, adapter ou arrêter. Mais sur quelles preuves ?
01

Aucune mesure d’avant

Rien n’avait été mesuré avant l’arrivée des outils. Les temps de traitement d’alors n’existaient nulle part : il fallait les reconstituer sans les inventer.

02

Statistiques d’usage dispersées

Les chiffres d’utilisation restaient chez les éditeurs, dans des exports pauvres, hétérogènes et parfois inexistants.

03

Mesurer sans surveiller

Le dispositif devait mesurer des processus, jamais des personnes. Cette limite a été posée dès le premier jour.

04

Temps facturable sensible

Dans un bureau qui vit de ses heures facturées, toute mesure qui touche au temps est délicate. Chaque indicateur a été conçu en conséquence.

Ce que nous avons mis en place

Nous n’avons pas ajouté d’outil : nous avons construit la mesure qui manquait. Pour cinq processus importants, nous avons relié l’usage de l’IA à un effet vérifiable, reconstitué la situation d’avant, et fixé à l’avance (avant de connaître les chiffres) ce qui justifierait d’étendre, d’adapter ou d’arrêter.

Les éléments

Lien usage → résultatPour chacun des 5 processus, le lien écrit entre l’usage de l’outil, l’effet sur le travail et l’impact financier
Situation d’avant reconstituéePoints de comparaison établis par échantillons et données historiques, avec leurs limites écrites
Mesure légèreRelevés au niveau du processus, jamais de la personne : le minimum pour décider
Tableau de bord mensuelPour chaque outil, chaque mois : usage réel, effets mesurés, coût complet (licences, consommation, support)
Règles de décision fixées à l’avanceSeuils pour étendre, adapter ou arrêter, écrits avant la première mesure et appliqués tels quels aux 7 outils
Méthode de calcul des gainsDes règles prudentes, validées par la direction financière, pour n’attribuer à l’IA que ce qui lui revient
01

Analyse et choix des processus 3 semaines

Inventaire des sept outils et projets IA en cours, choix de 5 processus importants, lien usage → résultat construit avec les responsables métier, premiers critères de décision avec la direction générale et financière.

02

Situation d’avant et mesure 5 semaines

Reconstitution des temps d’avant par échantillons et données historiques, information de la représentation du personnel, mise en place des relevés par processus, règles de décision fixées avec la direction.

03

Deux mois de mesure 8 semaines

Deux cycles mensuels complets : relevés, tableau de bord, revues avec la direction, décisions préparées et documentées pour les 7 outils, dont deux arrêts assumés.

04

Transmission 4 semaines

Le dispositif est repris par l’analyste du client, la revue mensuelle intégrée au comité de direction existant, la méthode de calcul et les règles de décision documentées.

Garde-fous6
  • Mesure au niveau du processus, jamais de la personne
  • Représentation du personnel informée avant la mise en place
  • Une seule méthode de calcul des gains, validée par la direction financière
  • Règles de décision fixées avant la première mesure
  • Chaque décision d’étendre, d’adapter ou d’arrêter documentée avec ses preuves
  • Revue mensuelle intégrée au comité existant, pas un comité de plus

Résultats mesurés

Le premier résultat n’est pas un chiffre : c’est de pouvoir répondre au conseil d’administration avec des preuves. Les indicateurs ci-dessous comparent la situation au début et à la fin des cinq mois de mission.

AvantAprès
Économie récurrente validée par la direction financière—CHF 180’000–220’000/anfourchette, méthode de calcul prudente
Outils avec une décision documentée072 arrêtés, 3 adaptés, 2 étendus
Processus avec une mesure de départ05
Temps de préparation d’un dossier d’étudedépart−25 à −30 %sur le processus mesuré
Coût complet visible (licences, consommation, support)nonoui

Chiffres arrondis. Mission réelle : le nom du client et les détails qui permettraient de le reconnaître ont été retirés.

Chaque étude dit aussi ce qui aurait pu être mieux fait.

  1. 01

    Négocier l’accès aux statistiques d’usage dès l’achat des licences. Les exports des éditeurs étaient pauvres, et nous avons perdu trois semaines à reconstituer ce qu’une clause du contrat aurait fourni.

  2. 02

    Associer la représentation du personnel dès la première semaine, pas seulement l’informer avant la mesure. Deux semaines d’explications sur ce que le dispositif mesurait, et ne mesurait pas, auraient été évitées.

  3. 03

    Rendre les règles de décision non négociables avant la première mesure, pas seulement les écrire. La tentation de déplacer la cible une fois les chiffres connus est réelle : nous l’avons vécue.